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lundi 20 juillet 2015

Pardonne-moi, Leonard Peacock de Matthew Quick

Date de parution: Avril 2015
Éditions: Robert Laffont
Nombre de pages: 315 pages


Quatrième de couverture:  " En plus du P-38, le flingue de mon grand-père, il y a quatre paquets, un pour chacun de mes amis. Je veux leur dire au revoir correctement. Je veux qu'ils gardent un souvenir de moi. Qu'ils sachent que je suis désolé d'avoir dû leur fausser compagnie. Qu'ils ne sont pas responsables de ce qui va se passer... " Aujourd'hui, Leonard Peacock a dix-huit ans. C'est le jour qu'il a choisi pour tuer son ancien meilleur ami. Ensuite, il se suicidera. Plus tard, peut-être, il se dira que c'est OK, voire important, d'être différent. Mais pas aujourd'hui. 


Mon avis: Leonard Peacock vit un enfer depuis trop longtemps. Son ex-meilleur ami lui a fait trop de mal et il décide de lui faire payer juste avant de se donner la mort. C'est un jeune homme qui vit seul ou presque. Sa mère, une grande styliste, n'est jamais à la maison et ne préoccupe aucunement de son fils. Seul, Walt, son voisin âgé et malade est une source de réconfort. Tous les deux partagent une passion pour les films de Bogart et les répliques de films. 
Le jour de son dix-huitième anniversaire il décide d'en finir grâce à l'arme de son grand-père. Asher, son ami devenu bourreau, est sa principale cible.

Dans ce roman de Matthew Quick j'ai pu retrouver une partie de l'originalité de l'auteur dans son style d'écriture et de narration. En effet, avec Saisis ta chance Bartholomew Neil cela m'avait vraiment surprise. Ici, c'est un peu plus estompé mais existe tout de même. On reconnait sa patte je trouve. 
Au début du roman, j'ai bien dû m'accrocher car les notes de bas de page sont omniprésentes et très très longues.. Ce n'est pas qu'elles sont inintéressantes, car c'est bien Leonard qui s'exprime, mais beaucoup trop longues et c'est un procédé qui n'était pas forcément très utile. Un peu comme si l'auteur voulait faire des parenthèses pour expliciter certains éléments, ce qui aurait pu être fait dans l'histoire-même. Heureusement cela cesse assez vite.

Ce que j'ai le plus aimé dans ce livre est le traitement de l'adolescence dans tout ce qu'elle contient de souffrances et de désespoir parfois. De bonnes questions sont posées comme: Comment garder espoir qu'un jour tout ira mieux alors que les adultes qui nous entourent semblent si malheureux dans leur quotidien ? Est-ce vraiment une bonne chose que de grandir et de devenir adulte ?...
De plus, l'auteur aborde également la question de la différence et de l'homosexualité, de l'identité de façon plus générale. Pas forcément comme on le pense de prime abord, ce qui est un vrai plus. Toutes les différences et possibilités de choix des hommes sont questionnées. Cela prend véritablement sens au travers du cours concernant l'Holocauste que suit Leonard. Un professeur disponible pour ses élèves qui tente de les faire réfléchir sur le bien et le mal ainsi que la capacité de l'homme à se situer entre les deux. La religion est également abordée, passage qui m'a un peu moins intéressé d'ailleurs. 

Cependant, ce livre est une vraie réussite je trouve et l'auteur a su parler des affres de l'adolescence avec une certaine justesse. Un livre "Young-adult" qui peut aussi bien toucher les ados que leurs parents.


♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un mot sur l'auteur: Matthew Quick est auteur de livre jeunesse.  Il est diplômé en littérature anglaise à l'Université La Salle (Pennsylvanie) et titulaire d'un MFA de Goddard College.   The Silver Linings Playbook (2008), son premier roman, a été adapté au cinéma en 2012.  Il vit à Holden, Massachusetts, avec sa femme Alicia Bessette, romancière et pianiste.




 

dimanche 12 avril 2015

Saisis ta chance, Bartholomew Neil de Matthew Quick

Date de parution: Février 2015
Éditions: Préludes
Nombre de pages: 384 pages


Quatrième de couverture: « J’aimerais que nous soyons des amis secrets, Richard Gere. » Pendant trente-huit ans, Bartholomew Neil a vécu avec sa mère… jusqu’au jour où elle tombe malade et meurt. Comment vivre sans elle ? Bartholomew pense avoir trouvé la voie quand il découvre une lettre de Richard Gere sur le Tibet libre dans le tiroir à sous-vêtements de sa mère. Les derniers temps, celle-ci l’appelait Richard – il y a forcément un lien cosmique. Croyant que l’acteur est destiné à l’aider, Bartholomew commence sa nouvelle vie en écrivant à Richard Gere. Jung et le Dalaï Lama, la philosophie et la foi, les contacts avec les aliens et la télépathie avec les chats, l’Église catholique et les mystères féminins… il explore tout dans sa relation épistolaire à sens unique. Mais ce que révèlent surtout ses lettres, c’est la quête touchante de Bartholomew pour se construire sa propre famille. Aidé par des amis inattendus, il s’embarque bientôt dans une Ford Focus de location, à la recherche d’un mystérieux Parlement des Chats et de son père biologique...


Mon avis: La vie de Bartholomew débute alors que sa mère décède d'un cancer du cerveau. Il a passé les quarante dernières années de sa vie à prendre soin d'elle. C'est une personne que l'on qualifierait de "simple d'esprit", ce qui n'est absolument pas son cas. Il s'intéresse à de nombreuses choses et il est très curieux du monde qui l'entoure. Un personnage très humain. 
Ce livre est un hommage à la sensibilité de ces personnes différentes ou qui divergent un peu de ce qu'on nomme la normalité. De jolis questionnements à travers cet ouvrage notamment de leur utilité au sein de notre société ou encore le regard que l'on peut porter sur eux.  Il traite également du deuil et de la capacité à prendre sa vie en main alors que l'on a toujours vécu aux dépends de quelqu'un. 

La mort de sa mère, pour qui il éprouve une tendre affection, va lui permettre de se rapprocher du Père McNamee. Un prêtre qui était proche de sa mère et dont il va se trouver obligé de s'occuper. Le Père décide en effet de quitter l’Église. C'est un personnage pour le moins original: il prie à longueur de journée dans le salon et est bipolaire. Malgré cela, il reste une figure importante dans la vie de Bartholomew et à de nombreuses reprises il va le conseiller. 
Il fait également la connaissance de Max, un autre homme de son âge qui est en deuil. Lui qui a toujours rêvé de se faire un ami va s'en rapprocher. Max est un drôle de bonhomme : il jure à tout bout de champ et croit dur comme fer aux aliens. Son rêve est de rendre au parlement des chats à Ottawa pour son quarantième anniversaire. Bartholomew, le Père McNamee, Max et sa sœur sont donc partis pour s'y rendre. Une épopée qui va bousculer pas mal de choses et Bartholomew pourra ouvrir les yeux sur son entourage.


Je peux dire que ce livre est un des plus étranges que j'ai pu lire jusqu'ici. Une sorte d'OVNI littéraire. L'histoire m'est apparue à de nombreux moments comme étant très, voire trop, loufoque. De plus, les passages avec Max m'ont un peu ennuyé au bout d'un moment car trop vulgaire. Son tic de langage est vraiment dérangeant: le mot putain qui est utilisé dans toutes ses phrases comme une ponctuation.  
Mais parallèlement à cela, le héros est vraiment touchant. La manière d'écrire de l'auteur et les questions qui sont sous-entendues m'ont plu. C'est grâce à cela que j'ai pu poursuivre ma lecture et ne pas abandonner ce livre. Une lecture agréable. Je pense d'ailleurs n'avoir rien lu de comparable jusqu'alors. 

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je tiens à remercier l'agence Anne & Arnaud pour ce partenariat et cette lecture.

Un mot sur l'auteur: Matthew Quick est l'auteur d'un premier roman adapté au cinéma sous le titre "Happiness Therapy" qui a valu l'Oscar à Jennifer Lawrence, et qui paraitra prochainement chez Préludes. Saisis ta chance, Bartholomew Neil est également en cours de réalisation par Dreamworks. Traduit dans plus de trente pays et récompensé par le "PEN/ Hemingway Award", Matthew Quick a grandi dans le New Jersey. il vit à preséent en Caroline du Nord avec son épouse Alicia Bessette, elle-même romancière et musicienne.