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jeudi 3 novembre 2016

Petit pays de Gaël Faye


Date de parution: Août 2016
Éditions: Grasset
Nombre de pages: 224 pages 

Quatrième de couverture : En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

lundi 4 mai 2015

Noire de Tania de Montaigne

Date de parution: Mars 2015
Éditions: Grasset
Nombre de pages : 180 pages


Quatrième de couverture: « Prenez une profonde inspiration, soufflez, et suivez ma voix, désormais, vous êtes noir, un noir de l'Alabama dans les années cinquante. Vous voici en Alabama, capitale : Montgomery. Regardez vous, votre corps change, vous êtes dans la peau et l'âme de Claudette Colvin, jeune fille de quinze ans sans histoire. Depuis toujours, vous savez qu’être noir ne donne aucun droit mais beaucoup de devoirs… »
Seulement, le 2 mars 1955, dans le bus de 14h30, Claudette Colvin refuse de céder son siège à un passager blanc. Malgré les menaces, elle reste assise. Jetée en prison, elle décide de plaider non coupable et d'attaquer la ville. Avant elle, personne n'avait osé et ce jour marque le début d'un itinéraire qui mènera Claudette Colvin de la lutte à l’oubli.


Mon avis: Tout le monde ou presque connait Rosa Parks mais combien d'entre nous ont déjà entendu parler de Claudette Colvin ? Avec ce livre, l'auteure nous montre qu'il faut bien peu de choses pour façonner une légende.
Pourtant, l'histoire de Rosa Parks et celle de Claudette Colvin ne sont pas si différentes. Toutes deux ont refusé de laisser leur place à une personne blanche dans le bus et toutes deux ont été arrêtées.
A Montgomery, le racisme fait rage et lorsqu'un blanc monte dans le bus, certaines places lui sont réservées. Ainsi les personnes de couleur doivent se contenter de celles du fond. Et, si par malheur, une personne blanche ne trouve pas de place devant pour s'asseoir, alors, la personne noire doit lui céder la sienne. Ainsi, toute la rangée doit se décaler car il n'est pas concevable qu'un blanc se trouve à proximité d'un noir. Vous me suivez ? Un peu compliqué mais pas tant que ça en réalité. A retenir que les blancs ont toujours le privilège sur les noirs et cela pour tout.
Voilà un bref aperçu de ce que vivent les personnes noires au quotidien. Il n'est, bien entendu, pas question de se rebeller ou sinon Dieu seul sait ce qui pourrait leur arriver. Il est commun d'apprendre qu'une femme noire, arrêtée par des policiers (blancs forcément) soit violée. Leur recours ? Aucun! La justice est toujours du côté des blancs car elle-même porte une couleur il ressemblerait... 

A travers ce livre, l'auteure nous pousse à nous plonger dans cette époque de l'histoire et à entrer dans la peau de Claudette. Une jeune fille de quinze ans qui voit sa vie basculer car elle refuse de laisser sa place dans le bus! Elle va payer le prix fort pour cela. Le prix de toute une vie et de nombreux rêves qui s'effondrent. Elle ne recevra, au final, que peu de soutien de ses soi-disant amis.
Une personne qui a marquée l'histoire et qui reste pourtant bien méconnue. Contrairement à Rosa Parks qui fut tout un symbole, tout comme Martin Luther King d'ailleurs. L'auteure a souhaité remettre à jour certains faits et montrer que certaines personnes préfèrent se taire plutôt que d'endosser le rôle de leader. A chacune sa façon d'être une héroïne. C'est ce qu'a choisit Claudette en restant, tout au long de sa vie, éloignée des médias et de son agitation. Son rôle n'en reste pas moins important. Elle aura permis de nombreuses remises en question. 
L'histoire se construit grâce à d'illustres personnes mais aussi grâce à celles qui choisissent de redevenir anonymes. J'ai appris de nombreuses choses avec ce livre et je dois bien avouer que je ne connaissais pas du tout Claudette Colvin. En cela, c'est une découverte qui m'a enchantée. Cependant, l'auteure traite tout cela d'un point de vue trop journalistique pour moi. Une succession de faits, un peu à la manière d'un exposé ce qui ne m'a pas permis d'entrer totalement dans l’histoire de Claudette. L'auteure a choisi de donner des émotions au lecteur d'une façon un peu détournée. Ça change c'est sûr mais du coup cela m'a coupée"l’émotion sous le pied"... Avec un traitement un peu différent ce livre m'aurait davantage plu. 

 ♥ ♥

Je tiens à remercier les éditions Grasset pour cette lecture et ce partenariat. 





jeudi 12 février 2015

Et tu n'es pas revenu de Marceline Loridan-Ivens

Date de parution: Février 2015
Éditions: Grasset
Nombre de pages: 107 pages


Quatrième de couverture:  « J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »


Mon avis: 

Marceline qui a été déportée en même temps que son père, se livre dans ce court récit. En réalité, c'est plus une lettre ouverte écrite pour son père, mort au camp d'Auschwitz. Un cri d'amour qui m'a déchirée le cœur. L'auteur,avec une grande délicatesse, nous parle de ce manque terrible, de sa volonté de vivre malgré tout mais son impuissance, au final, à le faire totalement. Toute sa vie est hantée par les camps et les horreurs vécues, vues, subies. Mais, aussi par cette disparition tragique. D'une certaine façon, Marceline s'est retrouvée orpheline. Elle qui a survécu et a fini par retrouver une grande partie de sa famille: sa mère, ses sœurs et son petit frère, n'a plus jamais été en phase avec eux. Le lien qui l'unit à sa mère est très différent de celui qu'elle avait avec son père. Au sortir des camps, sa mère ne veut pas en parler et fait mine de rien. Pas forcément dans une mauvaise intention d'ailleurs mais cela fait souffrir Marceline qui ne peut se résoudre de continuer sa vie sans la présence de son père. 

 "Aujourd'hui encore quand j'entends dire Papa, je sursaute, même soixante-quinze ans après, même prononcé par quelqu'un que je ne connais pas. Ce mot est sorti de ma vie si tôt, qu'il me fait mal, je ne peux le dire que dans mon for intérieur, surtout pas l'articuler. Surtout pas l'écrire." 


L'auteur souligne l'obligation de survivre dans les camps de l'horreur, coûte que coûte mais plutôt comme un robot. Vivant sans l'être vraiment. On devient l'ombre de soi-même dans un monde qui semble avoir perdu toute once d'humanité. C'est aussi une femme qui a porté de nombreuses culpabilités, celles des personnes chères qui ont disparu. 
Cependant, même si les camps hantent ce livre, il ne traite pas que de cela. Marceline parle à son père, de sa vie de femme. Une femme, qui devenue adulte s'est révoltée, s'est battue pour l'Algérie notamment. Elle lui conte ses amours et son non désir d'avoir des enfants.
Elle parle également des évènements tragiques plus récents, comme le 11 septembre 2001 ,où là, encore, elle a souhaité mourir pour ne plus avoir à affronter ce monde cruel par moments.

Un livre écrit avec une grande délicatesse qui m'a touché en plein cœur. Une pépite. A lire absolument.
Certains passages m'ont donné des frissons comme celui-ci: "Il y a deux ans, j'ai demandé à Marie, la femme d'Henri: "Maintenant que la vie se termine, tu penses qu'on a bien fait de revenir des camps ?" Elle m'a répondu: "Je crois que non, on n'aurait pas dû revenir. Et toi qu'est-ce que tu en penses ? " Je n'ai pas pu lui donner tort ou raison, j'ai juste dit: "Je ne suis pas loin de penser comme toi." Mais j'espère que si la question m'est posée à mon tour juste avant que je ne m'en aille , je saurai dire oui, ça valait le coup".


♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Un mot sur l'auteur: Marceline Loridan-Ivens, née en 1928, déportée à Auschwitz-Birkenau avec son père, a été actrice, scénariste, réalisatrice. On lui doit notamment La petite prairie aux bouleaux, avec Anouk Aimée (2003), de nombreux documentaires avec Joris Ivens, et Ma vie balagan (Robert Laffont, 2008).


dimanche 11 janvier 2015

A l'orée de la nuit de Charles Frazier

Date de parution: Septembre 2014
Éditions: Grasset
Nombre de pages: 384 pages
Titre VO: Nightwoods


Quatrième de couverture:  Dans l’Amérique des Sixties, au fin fond des Appalaches où elle vit retranchée, loin des soubresauts du monde, Luce, jeune femme farouche et indépendante, se voit confier la charge des jumeaux de sa sœur défunte. Ayant vu leur père, Bud, une brute épaisse, assassiner leur mère, les orphelins traumatisés se sont réfugiés dans un mutisme inquiétant, où sourd une violence prête à exploser à tout moment. Patiemment, Luce va tenter de réapprendre la vie à ces deux écorchés vifs, et elle-même de reprendre goût à l’amour et à la compagnie des hommes. À celle, en particulier, de Stubblefield, nouveau propriétaire des terres où elle s’est établie. Mais leur idylle est menacée par le retour de Bud, blanchi du meurtre de sa femme et bien décidé à retrouver le magot que les deux enfants, croit-il, lui ont volé. C’est le début d’une longue « nuit du chasseur » : un western d’une beauté crue et crépusculaire, où Charles Frazier se révèle une fois de plus, après l’immense succès de Retour à Cold Mountain, comme l’un des grands romanciers des espaces américains.


Mon avis: Dès que j'ai lu le résumé de ce livre j'ai eu envie de le lire. Je me suis dit qu'il avait tous les éléments réunis pour me plaire. 
Dès les premières pages je suis tombée sous le charme du style d'écriture de l'auteur, très poétique, presque lyrique. Ses descriptions sont également très belles: précises, lumineuses et très colorées. J'ai bien ressenti que l'auteur nous parlait d'une contrée qu'il connait bien et qu'il aime. 
En ce qui concerne l'intrigue en elle-même et les personnages, Luce, l'indépendante voire l’impertinente m'a beaucoup plu. C'est un personnage qu'on ne peut qu'apprécier. Elle vit un peu à l'écart de cette petite ville mais il y a en même temps quelque chose chez elle qui fait qu'elle est très ancrée dans le monde présent. C'est un retrait qu'elle fait sciemment et dont certaines raisons nous sont dévoilées au fil du texte. 
Sa vie a jusque là été difficile: un père alcoolique et drogué, une mère qui s'en va très vite et laisse Luce et sa sœur livrées à elles-mêmes. Cependant, à la mort tragique de Lily, sa sœur, elle va prendre soin de son neveu et sa nièce. Peu à peu le lien qui se tisse entre eux est touchant. On sent que ces enfants sont traumatisés après avoir vu leur mère se faire assassiner sous leurs yeux. Une reconstruction d'une certaine façon pour tous les personnages de ce roman. 
Cependant, il m'a manqué un peu plus d'actions. J'ai apprécié le style de l'auteur mais peu à peu, j'ai trouvé les descriptions trop présentes et une histoire qui n'avançait pas assez vite.  Le rythme est un peu à l'image de cette ville, assez lent, ce qui m'a fait décrocher vers la fin de l'histoire.  
En bref, malgré une jolie prose cette histoire n'a pas su totalement me séduire.


♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je tiens à remercier les éditions Grasset pour cette lecture et ce partenariat

Un mot sur l'auteur:  Charles Frazier est né en 1950 à Asheville, en Caroline du Nord. Il est l’auteur des romans Treize lunes (2008) et Retour à Cold Mountain (1997), lauréat du National Book Award, best-seller traduit dans le monde entier et adapté au cinéma avec Nicole Kidman et Jude Law. Il vit aujourd’hui avec sa famille dans un ranch de Caroline du Nord où il se consacre à l’écriture et à l’élevage des chevaux.
 


mercredi 10 décembre 2014

Loin de son absence de Shez

Date de parution: Octobre 2014
Éditions: Grasset
Nombre de pages: 216 pages
ISBN: 9782246811961
Titre VO:  Away from his absence


Quatrième de couverture:  Ofra et Moshé vivent en couple, partagent leur appartement, leur lit, elle veut lui plaire, il la désire, elle l’exaspère, il la manipule, la tient à distance mais finit toujours par revenir vers elle. Elle a trente-quatre ans, lui la soixantaine, et cette femme vit toujours avec son père qui est aussi son amant.


Mon avis: Voici une lecture particulière car elle a pour sujet l'inceste et l'ambivalence des sentiments.
C'est un roman qui n'est pas écrit de façon linéaire ce qui peut être un peu perturbant par moments. Je ne savais plus trop où me situer dans les époques.
Le style de l'auteur est particulier, poétique et totalement au service de ce que le personnage vit. Contrairement à d'autres livres où on peut trouver une profusion des figures de style sans raison apparente.
Au niveau psychologique c'est un bon livre. L'auteur a apparemment vécu l'inceste et sait en parler parfaitement avec les mots justes. 
L'ambivalence des sentiments d'Ofra est particulièrement mise en valeur ainsi que les pensées morbides. Sa relation avec la psychologue va l'aider. Elle va trouver un soutien avec elle. C'est quelqu'un qui est en recherche constante d'amour au final. 
A certains moments j'ai presque sentie sa douleur et puis par moments c'est un personnage que je n'ai pas compris, qui a des attitudes étranges un peu. Mais globalement, Ofra est attachante et émouvante. 
Je suis beaucoup plus entrée en empathie avec elle lors de la seconde partie du livre où sa souffrance prend une forme inattendue. 
Au final, c'est un personnage qui aura vécu auprès de deux parents pervers et un peu sadiques. Sa vie est boulerversé à cause de cela et elle doit réapprendre à vivre en étant un être à part entière. 
C'est un livre dur et poignant, je pense que le sujet en rebutera certains ce qui est vraiment dommage car au niveau psychologique il est plus qu'intéressant à lire.

 ♥ ♥ ♥ ♥

Je tiens à remercier les éditions Grasset pour cette lecture et ce partenariat.


Un mot sur l'auteur:  Née à Pétah Tikva, Shez est auteur de roman, de poésie et de pièces de théâtre. Loin de son absence a été adapté au cinéma par Keren Yedaya et présenté au festival de Cannes en 2014, sous le titre Loin de son père.
 

 

lundi 9 juin 2014

La femme infidèle de Philippe Vilain

Date de parution: Janvier 2013
Édition: Grasset
Nombre de pages: 160 pages
ISBN:  978-2246792031


Quatrième de couverture:  « Je n'oublierai jamais le jour où j'ai appris que ma femme me trompait. »

Un SMS lu par hasard. Le héros découvre que sa femme a un amant. Et que se passe-t-il ? Rien. Il ne fait aucune observation, ne modifie pas son comportement. Il observe sa femme, sa femme infidèle. L'a-t-elle toujours été ? Est-elle bien celle qu'il croyait connaître ? Le choix du silence sauvera-t-il leur couple ? Qu'en est-il de la mystérieuse Morgan Lorenz ?


Mon avis:  Ce qui m'a intrigué dans ce roman c'est le regard que porte un homme sur l’infidélité de sa femme.  Là dessus, je n'ai pas été déçue.

Pierre Grimaldi, le narrateur du livre, découvre un jour un SMS sur le portable de sa femme. Ce texto, très explicite lui apprend qu'elle lui est infidèle. 
Tous les deux sont mariés depuis de nombreuses années, lui est, en tout cas, toujours très amoureux d'elle et il a, d'ailleurs, du mal à passer quelques heures loin de sa femme. Ce message va donc le mettre en état de choc et la question qui va alors se poser est : Que faire ?

Le narrateur va alors nous exposer ses tourments, ses questionnements en tant qu'homme trahi. Tout cela sonne juste et vrai. J'ai donc été séduite par ce cheminement possible de cet homme.
Le fin de l'histoire vient à la fin du livre ce qui m'a un peu déçue car je m'attendais à plus de rebondissements, d’événements... Mais, le narrateur choisit de se taire et de continuer à vivre sa relation "comme si " rien n'était arrivé. Autant cela met bien en valeur les remises en question de l'homme autant cela peut être un peu ennuyeux par moments..

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Citation: « S’il est douloureux d’aimer sans être aimé, il l’est davantage encore de n’être plus aimé… car, dans le premier cas, la souffrance d’aimer est faite de l’espoir que le temps modifie les choses, pas dans le second. Il n’y a rien à faire quand l’amour se meurt, sinon en prendre acte. On peut espérer conquérir un cœur que l’on n’a pas encore conquis, alors qu’il est impossible de ranimer un cœur qui a cessé de battre pour vous. »  


Un mot sur l'auteur: Philippe Vilain est docteur en lettres modernes de l’Université de la Sorbonne-Nouvelle (Paris III). La conscience amoureuse est au cœur de son œuvre littéraire : la jalousie (L’Étreinte), la culpabilité de ne pas aimer assez (Le Renoncement), l’engagement (L’Été à Dresde), l’adultère (Paris l’après-midi, La Femme infidèle)...