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lundi 25 mars 2019

Mon père de Grégoire Delacourt


Date de parution : Février 2019
Editons: JC Lattès
Nombre de pages : 256 pages

Le nouveau roman de Grégoire Delacourt est beaucoup plus sombre que ses précédents livres.

lundi 22 octobre 2018

Filles de mer de Mary Lynn Bracht

Filles de la mer de Mary Lynn Bracht

Date de parution : Février 2018
Editions: Robert Laffont
Nombre de pages : 432 pages


Deux soeurs séparées pendant l’occupation de la Corée par le Japon. Hana, l’aînée, n’aura de cesse de vouloir retrouver Emy. Sa vie devient un enfer, devenue un objet entre les mains perverses des hommes, son seul réconfort est de pouvoir, elle l’espère,  serrer sa petite soeur dans ses bras. 

dimanche 22 avril 2018

Le ciel est à nous de Luke Allnutt



Date de parution : Mars 2018
Editions: Cherche Midi
Nombre de pages : 448 pages

Quatrième de couverture : Rob Coates vit en Cornouailles et partage son existence solitaire entre l’alcool et les aventures d’un soir. La brume ne se lève que lors de ses promenades aux airs de pèlerinages : Rob retourne sur les lieux où il a emmené son jeune fils Jack. Il prend alors des photos panoramiques qu’il poste sur son site, baptisé « Le ciel est à nous ». Derrière ces rares moments de grâce se dévoile, par instantanés, ce que cache la détresse de Rob : l’amour avec Anna, son ex-femme, la réussite professionnelle, un fils chéri, leur complicité partagée. Et puis le drame, et un champ de ruines.
Rob fait de son mieux pour se détruire à petit feu, mais une découverte va le forcer à se remettre en question. Il lui faudra revenir aux sources de sa peine et projeter une lumière nouvelle sur son histoire.
Au-delà du chagrin et de la culpabilité, pourra-t-il trouver la paix et se réconcilier avec le monde ?

jeudi 3 novembre 2016

Petit pays de Gaël Faye


Date de parution: Août 2016
Éditions: Grasset
Nombre de pages: 224 pages 

Quatrième de couverture : En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

jeudi 19 mai 2016

A demain Lou de Marie-Claude Vincent


Date de parution : Avril 2016
Éditions: Robert Laffont
Nombre de pages: 168 pages

Quatrième de couverture:  Ça ressemble à quoi la vie, à douze ans, quand le bonheur se fracasse ?
Élisabeth, Lou et la petite Laura forment avec leurs parents une famille unie et joyeuse. Jusqu'au jour ou Éli part passer le week-end chez une amie et ne revient pas. Bloquée par le silence des adultes, Lou n'ose pas poser de questions. Le corps pressent ce que l'esprit refuse d'accepter, mais admettre qu'Éli est morte serait plus terrible encore que ce mutisme qui, peu à peu, empoisonne tout.
C'est sur cet événement que Lou revient à la veille de ses seize ans, l'âge d'Éli à sa disparition. Comment continuer à vivre sans cette grande sœur qu'elle chérit tant ? Comment se résoudre à devenir plus vieille qu'elle ? Comment cesser d'être « la petite sœur d'Éli » ? Il va bien falloir, pourtant, passer ce cap...

mercredi 16 mars 2016

Avant toi de Jojo Moyes


Date de parution: Mars 2014
Éditions: Milady
Nombre de pages: 524 pages

Quatrième de couverture :  Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.


mercredi 2 mars 2016

Les derniers jours de Rabbit Hayes de Anna McPartlin

Date de parution: Février 2016
Éditions: Le cherche-midi
Nombre de pages: 454 pages

Quatrième de couverture:  Quand Mia, que l’on surnomme affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre, même si elle refuse de l’accepter, tout comme ses proches qui assistent, impuissants, au déclin de leur fille, sœur, mère ou amie. Tous sont présents à ses côtés pour la soutenir : Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant ; Davey et Grace, son frère et sa sœur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille ; Marjorie, sa meilleure amie et confidente ; et enfin Juliet, sa fille de 12 ans, qu’elle élève seule. À mesure que les jours passent et que l’espoir de sauver Rabbit s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont se construire sans cette femme qui leur a tant apporté. Rabbit est au cœur de ce petit groupe et des préoccupations de chacun de ses membres. Si elle a perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage. Et Rabbit a quelques idées bien particulières pour leur faciliter la tâche. Mais très peu de temps pour les mettre en œuvre...

vendredi 22 janvier 2016

Maintenant qu'il est trop tard de Jessica Warman

Date de parution: Octobre 2015
Éditions: Pocket jeunesse
Nombre de pages: 279 pages

Quatrième de couverture:  Les adultes font la fête à l'étage, le soir du nouvel an. Samantha veille avec Remy, son meilleur ami, sur sa petite sœur, Tabitha. Elle dort paisiblement à leurs côtés. Soudain le père Noël entre dans la pièce, attrape Tabitha et l'emporte sous leur regard impuissant. À 17 ans, Sam revient avec sa famille sur les lieux du drame. La jeune fille retrouve Remy. Ensemble, ils réalisent qu'ils ont peut-être envoyé la mauvaise personne en prison...

Mon avis: Un roman fort avec un sujet loin d'être évident: l'enlèvement d'une petite fille qui ne sera jamais retrouvée.

Samantha, la cadette de la famille nous raconte ce qu'il s'est passer cette fameuse nuit de Noël quand un homme déguisé a enlevé sous ses yeux d'enfant sa jeune sœur.  Entre réminiscences du passé et chapitres concernant son présent, on comprend que ce drame a marqué sa vie pour toujours. Peu à peu, des doutes s'installent et elle n'est plus si sûre d'avoir reconnu, malgré son costume, le ravisseur de sa sœur. Le suspense monte crescendo et tous les personnages portent un potentiel masque de coupable. De plus, cette famille est assez particulière. En effet, très vite on comprend que les parents n'ont pas toujours été à la hauteur avec leurs enfants (drogue,...) même s'ils pleurent la perte de leur fille. La fille ainée, Gretchen est inaccessible et se tient éloignée de cette famille. 

Le dénouement est réussi car je n'avais pas du tout vu venir le coupable. Reste à présent à savoir si la petite est toujours en vie et si oui, quelle genre de vie elle mène ? Sans corps retrouvé toutes les questions se posent ce qui peut se révéler être un véritable enfer à vivre. Je pense que cette famille ne peut que toucher le lecteur car tous les membres souffrent d'une détresse. Par ailleurs, en ce qui concerne Samantha elle ressent une ambivalence envers sa sœur disparue qui est intéressante. Certes, elle aimait sa sœur mais à présent elle lui en veut également d'avoir mis, malgré elle bien sûr, sa famille sous les feux des projecteurs de tout le pays et d'avoir autant impacté sur sa vie. Le lien qui unit ces deux sœurs n'a alors plus rien à voir avec un lien ordinaire entre sœurs. 

En bref, ce roman traite plutôt bien de l'enlèvement et des conséquences qui l'accompagne. L'auteur a su introduire une dimension psychologique intéressante pour donner plus de profondeur à ce roman young adult.

♥ ♥ ♥ ♥ ♥
Un mot sur l'auteur: Jessica Warman est l'auteur de trois romans, tous encensés par la critique. Reste avec moi (Between) lui a été inspiré par un fait divers qui l'a marquée dans son enfance, lorsqu'un jeune adolescent avait disparu après une fête sur un yacht.  Elle vit à Pittsburgh avec son mari et ses deux filles.

 

vendredi 13 novembre 2015

La maladroite d'Alexandre Seurat

Date de parution: Août 2015
Éditions: Du Rouergue
Nombre de pages: 112 pages

Quatrième de couverture:  Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d'une enfant de 8 ans. La photo est un choc pour une institutrice qui a bien connu cette gamine. Pour elle, pas de doute : cette Diana n'a pas été enlevée, elle est déjà morte, et ses parents sont coupables. Remontant le temps, le roman égrène les témoignages de ceux l'ayant côtoyée, enseignants, grand-mère et tante, médecins, assistants sociaux, gendarmes...

Mon avis: Un court roman au thème fort qui ne laissera personne indifférent. La maladroite est une petite fille de huit ans, Diana, maltraitée par ses parents. Dans ce roman choral chaque personnage qui a côtoyé la petite donne un nouveau souffle à son histoire. Qu'il s'agisse de la grand-mère, de la tante, de l'institutrice, du gendarme... chacun a tenté à un moment donné d'aider Diana sans y parvenir.   Elle est le bouc émissaire de sa famille. Ses parents prétextent une maladie rare chez la petite pour expliquer tous ces bleus. Une famille malade qui révolte et qui révoltera chaque lecteur. Le frère de Diana m'a également touchée car on voit les dégâts psychologiques effectués sur lui aussi. 

De plus, le choix concernant la narration est original il faut bien le noter. On va à l'essentiel à chaque fois et le fait que les personnages proches plus ou moins de Diana nous conte son histoire sans fioriture peut faire froid dans le dos. C'est en tout cas mon impression car même si l'auteur ne nous rapporte jamais de scènes violentes, le style de narration et notre imagination font le reste.  

Enfin, Diana n'intervient jamais dans le livre et elle ne peut donc pas nous révéler la souffrance qui était la sienne. C'est donc au travers de ces témoignages que peu à peu l'horreur dans laquelle vivait cette enfant nous est révélée. L'auteur pointe également les défaillances du système judiciaire pour venir en aide aux enfants maltraités. Entre soupçons et preuves il y a un gouffre trop important pour l'action. En réalité, on attend plus de l'enfant la capacité à se protéger et à avouer son quotidien. Mais quand il ne parle pas, comme Diana, peu de choses sont en capacité de lui venir en aide. 

En bref, un premier roman coup de poing à lire.

 ♥ ♥ ♥ ♥ ♥
Je tiens à remercier les éditions Du Rouergue pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteur:  Ancien élève de l’ENS de la rue d’Ulm, agrégé de lettres modernes, Alexandre Seurat enseigne actuellement à l’Université Paris-Est Créteil. "La maladroite" est son premier roman, inspiré par un fait divers, il retrace la vie d’une enfant martyrisée


lundi 14 septembre 2015

Tous nos noms de Dinaw Mengestu

Date de parution: Août 2015
Éditions: Albin Michel
Nombre de pages: 336 pages

Quatrième de couverture:  Isaac, un jeune Africain, est venu aux États-Unis dans le cadre d’un programme d’échange universitaire. Ni Helen, la jeune assistante sociale qui tombe amoureuse de lui, ni le lecteur ne connaissent son vrai nom : il l’a laissé derrière lui, en Ouganda, avec les promesses d’une révolution réprimée dans le sang par la future dictature, abandonnant aussi son ami le plus cher.

Mon avis: Un livre dont j'attendais beaucoup, un peu comme Le livre de la rentrée littéraire 2015. Au final c'est une déception pour moi.

Les chapitres de ce livre sont en alternance entre l'histoire d'Isaac et celle d'Helen. Tous les deux se rencontrent lorsque Isaac vient vivre aux États-Unis. Au départ, Helen est son assistante sociale et celle qui lui permet d'agir au quotidien dans ce pays dont il ne connait pas les codes. Puis peu à peu une romance d'amorce entre eux deux. 

Isaac nous raconte ce qu'il a vécu dans son pays et la guerre qui l'a poussé à venir vivre aux États-Unis. De son amitié avec un jeune homme qu'il a perdu à son incompréhension face à l'horreur, Isaac nous conte tout. Sauf que malheureusement ce personnage est bien trop insaisissable pour moi. Je n'ai pas du tout su le cerner. Que ce soit dans son passé en Afrique ou aux États-Unis j'ai eu la sensation qu'il ne maîtrisait jamais rien. Quelqu'un de vraiment très passif en somme et hélas, pas très intéressant car  les pensées profondes de ce personnage ne nous sont pas livrées...

Helen, qui, quant à elle, nous livre les détails de son histoire d'amour naissante avec Isaac m'a touchée dans ses propos face au racisme. En effet, sa romance est tout sauf simple à vivre dans un pays où la ségrégation battait son plein il y a encore peu de temps. En cela, on se rend bien compte à quel point un homme peut être empêcher de vivre comme il le souhaite que ce soit dans son pays d'origine ou celui d'accueil.

Malgré l'importance de ces thèmes abordés, je suis restée très en surface. Je n'ai pu entrer véritablement dans ce roman et ressentir de véritables émotions. Les personnages ne se livrent pas assez et ils manquent de relief à mon sens. De plus le manque de dialogue, rajouté à cela, ne donne pas la sensation de lire quelque chose de vivant. Je ne sais pas si je suis très claire mais tout est trop passif dans ce livre. Trop de descriptions, pas assez d'actions et d'interactions entre les personnages.  C'est donc une lecture mitigée.

♥ ♥ ♥ ♥ ♥
Je tiens à remercier les éditions Albin Michel pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteur:  Né à Addis Abeba, Dinaw Mengestu et sa famille ont fui l'Éthiopie pour échapper à la tourmente de la révolution, avant de s'installer aux États-Unis. Il vit aujourd’hui à Paris, tout en continuant à enseigner aux États-Unis. Diplômé de la Columbia University, Dinaw Mengestu a écrit pour de grands magazines américains dont Harper's et Rolling Stone.

mercredi 1 juillet 2015

L'autre moi-même de Saskia Sarginson

Date de parution: Juin 2015
Éditions: Marabout
Nombre de pages: 352 pages

Quatrième de couverture: Eliza Bennet a la vie dont elle a toujours rêvé. Elle fait de sa passion une réalité, et elle a rencontré l'homme de sa vie. Mais Eliza vit dans le mensonge. Son vrai nom est Klaudia Meyer. Klaudia fuit son passé et le terrible secret enfoui par sa famille. Voici l'histoire d'Eliza et Klaudia. Une femme, deux vies et un mensonge auquel elles ne pourront pas échapper.

Mon avis: Klaudia est une jeune fille qui vit en permanence avec la honte et la culpabilité. Non pas pour ses actes mais pour ceux de son père. Alors qu'elle entre au collège elle découvre que son père d'origine allemande a participé à la Seconde Guerre Mondiale. Un jeune garçon, Shane, connait la vérité et s'en prend à elle. Tous les jours elle se fait harceler par cet adorateur d'Hitler & co. Son seul refuge reste la bibliothèque où elle veut se faire la plus petite possible. 
Les amies qu'elle commençait tout juste à se faire lui tourne le dos et personne ne souhaite lui donner des réponses aux questions qu'elle se pose. Une ambiance très lourde qui règne entre les pages de ce livre. On le ressent vraiment à la lecture. Je me suis sentie mal à l'aise même si je comprends le choix de l'auteure et je pense que cela était judicieux car on ressent le malaise de Klaudia petite puis plus grande. Un secret et des crimes passés qu'elle s'imagine. Tout cela la pousse à s'inventer un double au moment de son entrée à l'université: Eliza. Une jeune femme qui n'aurait pas eu ces parents et n'aurait pas eu à grandir avec ce climat oppressant. Mais son secret ne tiendra pas longtemps et la vérité lui sera révélée. Elle qui a toujours pensé que seule la vérité pouvait la libérer, est-ce que ce sera le cas ? 

Comme je l'ai dit plus haut, l 'ambiance générale du livre m'a un peu déroutée. C'est devenu pesant au bout de quelques pages. A savoir donc, qu'il ne faut pas le lire si on s'attend à une lecture détente pure. Cependant, j'ai apprécié le point de vue de l'auteure qui change par rapport à la multitude de livres concernant la Seconde Guerre Mondiale. Un roman aux multiples rebondissements où tout est abordé avec nuance et finesse. Une bonne lecture car je suis entrée en empathie avec notre héroïne qui doit faire face à des démons qui ne lui appartiennent pas. La question est, sommes-nous responsable des actes de nos parents ?...

 ♥ ♥ ♥ ♥ ♥
Je tiens à remercier Babelio et les éditions Marabout pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteure:  Saskia Sarginson a grandi dans le Suffolk. Diplômée de littérature anglaise à l’université de Cambridge, elle a également un diplôme de mode et de design. Elle a travaillé pour la presse magazine, la radio et l’édition, mais se consacre désormais totalement à l’écriture. Elle a quatre enfants, dont des jumelles, et vit à Londres. 



 

mardi 23 juin 2015

Nous les menteurs de E. Lockhart

Date de parution: Mai 2015
Éditions: Gallimard
Nombre de pages: 273 pages
Titre VO: We were liars

Quatrième de couverture:  

Une famille belle et distinguée. Une île privée.
Une fille brillante, blessée ; un garçon passionné, engagé.
Un groupe de quatre adolescents - les Menteurs - dont l'amitié sera destructrice.
Une révolution. Un accident. Un secret.
Mensonges sur mensonges.
Le grand amour. La vérité.


Mon avis: 

Les menteurs sont en réalité un groupe composé de quatre cousins et cousines: Les Sinclair. Ils font partie de la haute société et leur grand-père règne d'une main de maître sur leur futur héritage. Tous les quatre se retrouvent tous les étés sur une petite île qui appartient à la famille. Autant dire qu'ils sont richissimes et non à se préoccuper de rien sinon de prendre du bon temps et d'être toujours de bons petits "Sinclair".
Seulement les trois filles de Harris, le grand-père, se disputent sans cesse l'héritage. C'est à celle qui aura la plus grande maison, les bijoux de la mère décédée... Une situation que les Menteurs ont de plus en plus de mal à supporter. Eux se fichent de tout cela.
Cadence, l'ainée des cousins, est la narratrice du roman. Très vite, on comprend que quelque chose de terrible s'est produit: un accident qui l'a laissé amnésique. Elle souhaite parvenir à comprendre ce qu'il a bien pu se passer pendant ce fameux été. Toute sa famille l'a laisse avec ses questions et personne ne souhaite lui révéler la vérité. 

Une vérité qui m'a scotchée. J'avoue ne pas du tout l'avoir vu venir! Bravo à l'auteur pour ce coup de théâtre. Un puzzle qui du coup se met en place et on comprend pourquoi Cadence a tout oublié de cet accident. Je dois dire que j'ai vu passer bon nombre d'avis positifs sur ce livre et je comprends pourquoi à présent. Certains blogueurs critiquaient un peu le style d'écriture de l'auteur, ce que je n'ai pas trop compris. Je l'ai trouvé fluide, aéré et j'avais envie de tourner les pages. 
Pour ce qui est des personnages, la famille Sinclair est tout sauf sympathique, surtout les ainés. J'ai eu la sensation que les filles se disputaient un morceau de viande. Des riches que l'on ne peut pas apprécier. Mais, les Menteurs sont assez différents. Ce sont, certes, des enfants riches mais ils semblent bien loin des préoccupations d'argent et d'héritage. Pour le coup, presque des ados comme les autres, presque.. 

En bref, une belle découverte avec ce livre qui réserve une fin surprenante! 

♥ ♥ ♥ ♥ ♥
Je tiens à remercier les éditions Gallimard Jeunesse pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteure:  Emily Jenkins, qui publie sous le nom d'E. Lockhart, est un écrivain américain, née en 1967, auteure de livres illustrés pour enfants, de romans pour jeunes adultes et adultes. Elle est principalement connue pour sa série Ruby Oliver et plus récemment pour Nous les Menteurs. Elle vit aujourd'hui dans la région de New-York. 


 

vendredi 15 mai 2015

Si loin de toi de Tess Sharpe

Date de parution: Novembre 2014
Éditions: Robert Laffont
Nombre de pages: 480 pages



Quatrième de couverture:  Sophie Winters a failli mourir. Deux fois.
Survivante

Blessée à vie, elle est accro aux anti-douleurs.
Droguée

Mina, sa meilleure amie, a été tuée sous ses yeux.
Traumatisée

Personne ne croit à sa version des faits. Ni la police. Ni sa famille.
Seule au monde

Elle se battra pour qu'éclate la vérité. Au nom de l'amour.
Prête à tout


Mon avis: La première fois où Sophie a bien failli trouver la mort ce fut dans un accident de voiture. Depuis, sa vie et surtout son corps ont changé. Elle a bénéficié d'une longue rééducation mais en contrepartie, elle est devenue accro aux anti-douleurs. Une vie déjà compliquée pour une jeune fille de quatorze ans. 
Ajoutons à cela le fait qu'elle soit amoureuse de sa meilleure amie, Mina et nous avons un bon aperçu de la vie de Sophie. 

Une relation très difficile à vivre car elles ne peuvent franchir le pas et montrer leur amour. Mina a été élevée dans un milieu où la religion était présente et elle ne peut se résoudre à faire souffrir sa famille avec cette révélation. Il faut également savoir que le grand frère de Mina, Trev a toujours été amoureux de Sophie. Un triangle amoureux (eh oui encore un ^^) que l'auteure a su habilement mener. On ne tombe pas dans les clichés et en plus de cela elle parvient à souligner des sentiments profonds. Une jolie réussite à ce niveau je trouve. Je donne une mention spéciale à Trev, personnage que j'ai beaucoup aimé même si je n'ai pas obtenu ce que j'aurais espéré pendant ma lecture. Celles et ceux qui l'ont lu doivent savoir de quoi je parle je pense. C'est un peu le portrait du prince charmant, il faut bien l'avouer, comment ne pas tomber sous son charme...

Alors que leur destin est sur le point de changer, Mina se fait assassiner sous les yeux de sa meilleure amie. Un traumatisme profond dont il faudra longtemps à Sophie pour l'extérioriser. Une perte qui l'anéantie et sa seule obsession est de découvrir le coupable et de le faire payer. Une enquête qui va la mener sur les traces d'un assassin qu'elle ne soupçonnait pas. Cette partie du livre qui fait davantage penser à un thriller n'a malheureusement pas su me séduire. Cependant, pour un public ado ça peut tout à fait plaire. Ayant dépassé cette période j'attends un peu plus d'une véritable enquête et surtout du suspense ce qui m'a beaucoup manqué. 

En bref, une lecture mitigée. La relation entre les trois héros est ce qui m'a le plus plu, la partie enquête étant assez décevante. 

♥ ♥ ♥ ♥ ♥
Je tiens à remercier les éditions Robert Laffont pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteure:  Tess Sharpe est la fille de deux rockeurs punk. Elle est née dans une cabane au fond des bois et a grandi dans une campagne reculée de Californie.
Après un stage au Festival Shakespeare de l'Oregon, elle suit des études de théâtre puis se reconvertit en cuisinière professionnelle. Elle se partage aujourd'hui entre écriture et pâtisserie à la frontière de l'Oregon. "Far from you", en français "Si loin de toi" est son premier roman.

samedi 18 avril 2015

A la mesure de nos silences de Sophie Loubière

Date de parution: Janvier 2015
Éditions: Fleuve
Nombre de pages: 302 pages


Quatrième de couverture:  Jamais Antoine n'aurait pensé que son grand-père puisse agir ainsi : il y a quelques heures à peine, l'adolescent sortait du lycée, s'apprêtant royalement à rater son bac. Kidnappé par papi à bord d'un vieux coupé Volvo, il roule à présent vers l'inconnu, privé de son iPhone. À 82 ans, François Valent, journaliste brillant, aura parcouru le monde et couvert tous les conflits du globe sans jamais flancher.
S'il a conclu un marché avec son petit-fils, c'est pour tenter de le convaincre de ne pas lâcher ses études. Mais ce voyage improvisé ne se fera pas sans heurts. La destination vers laquelle le vieil homme conduit Antoine – la ville de Villefranche-de-Rouergue, où il a grandi – a ce parfum particulier du remords. C'est là que l'enfance de François a trébuché. Lors d'un drame sanglant de la Seconde Guerre mondiale dont l'Histoire a gardé le secret. À la fois quête du souvenir et voyage initiatique, cette échappée belle les révèlera l'un à l'autre. 


Mon avis: François décide d'emmener pendant deux jours son petit-fils en week-end afin de parcourir les routes de son enfance et de lui montrer ce qu'est réellement la vie. Antoine va bientôt passer son bac mais tout ce qui l'intéresse est d'aller surfer sur Facebook et de jouer aux jeux-vidéos. Une belle occasion pour le grand-père de tenter de le remettre sur le droit chemin et également de se remémorer les moments tragiques qui ont jalonnés son enfance. Antoine, doit ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure et comprendre que ce qu'il tient pour acquis aujourd'hui, ne l'était pas pour les hommes d'hier. Des hommes qui se sont battus pour que les générations futures puissent prospérer et connaitre une meilleure vie que la leur. Une façon de lui offrir une leçon de vie et qui se révélera utile pour les deux. 
François pourra revivre son enfance, laisser libre cours aux souvenirs, parfois douloureux, et affronter sa  culpabilité.

J'ai apprécié le lien qui se crée entre ces deux personnages, à priori aux antipodes. On a l'impression qu'un gouffre les sépare alors que 48 heures peuvent, peut-être, suffire à se connaitre et se reconnaitre malgré les différences. Chacun devra apprendre de l'autre pour en tirer le meilleur et s'enrichir de ses expériences. 
Les chapitres sont en alternance entre les souvenirs de François concernant la guerre et l'horreur qui l'a accompagnée. La violence dont les hommes sont capables et coupables mais aussi toutes les belles actions qu'ils peuvent faire naitre. Un livre qui rend hommage à la résistance et à ces hommes qui ont péri pour leurs idéaux.Le style d'écriture est magnifique, très poétique et imagé. Cependant, je ne suis pas parvenue à entrer plus que cela dans cette histoire. Il m'a manqué quelque chose, une sorte d'étincelle. Je trouve aussi que les éléments concernant la Seconde Guerre Mondiale arrivent trop tard dans le roman. A plus de la moitié du livre, il n'y a toujours que quelques bribes ce qui m'a frustrée. Je sais que ce livre a beaucoup plu à d'autres lecteurs et lectrices, je pense donc être passée totalement à côté malheureusement. Un livre un peu trop lent dans son ensemble, et, avec, tout de même, une seconde moitié qui m'a plus séduite car on en apprend davantage sur François ainsi que les autres membres de la famille.

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je tiens à remercier les éditions Fleuve pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteur:  Sophie Loubière est une journaliste, productrice, écrivain, spécialiste de musique de film, née le 10 décembre 1966 à Nancy, en Lorraine.
 

lundi 6 avril 2015

Notre mère de Koren Zailckas

Date de parution: Janvier 2015
Éditions: Belfond
Nombre de pages: 448 pages


Quatrième de couverture:  Trois enfants, une belle maison, un couple uni : bienvenue chez les Hurst. Pourtant, sous le vernis de la famille idéale se cachent de profondes ténèbres... Un roman psychologique furieusement prenant, impressionnant de mordant et de crédibilité.
Qu'est-ce qui a conduit Violet Hurst, seize ans, en hôpital psychiatrique ? Qu'est-ce qui l'a poussée à attaquer Will, son petit frère autiste, à coups de couteau ? Un de ces accès de colère dont elle est devenue coutumière ? Ou, comme le suggère sa mère, Joséphine, un coup de folie ?
Dangereuse pour elle et pour les autres, mise à l'écart de sa famille, la jeune fille réfléchit, ressasse, cherche l'origine de sa détresse psychologique, de sa récente addiction au LSD, de ses tendances à l'autodestruction. Tente de comprendre ce qui pousse son père à se noyer dans le travail, dans l'alcool ; ce qui brise chaque jour un peu plus la fragile confiance en soi de Will ; ce qui a poussé sa sœur aînée Rose à fuir le domicile familial un an plus tôt sans laisser d'adresse.
Et si la raison était à chercher du côté de Joséphine ?
Entre Violet et sa mère, le combat s'annonce dantesque. Le prix à payer pour trouver enfin la vérité...


Mon avis: Je voulais lire ce roman pour le côté psychologique et je peux bien dire une chose: j'ai été servie! C'est un roman psychologique d'une grande finesse. On sent de suite que l'auteur a fait des recherches et que c'est un domaine qu'elle connait. Un roman qui par certains aspects m'a fait penser un thriller psychologique ou presque.

Tout débute avec la crise familiale qu'a provoqué Violet et qui l’amène à être internée. Les chapitres s'alternent entre Will, le benjamin de la famille et sa sœur Violet. Chacun nous donne une vision très différente du climat familial et surtout de la vision de leur mère: Joséphine.

Alors que Violet est bien décidée à comprendre ce qui a bien pu se passer un an auparavant lors de la fugue de sa sœur ainée, Rose, Will, lui est chouchouté par sa mère. Une fille internée, méprisée dont sa mère rend responsable tous les maux de cette famille. Et, un garçon, Will considéré comme le héros de la famille. Le chouchou. Il a un syndrome d'Asperger et sa mère lui fait cours à la maison en prenant bien soin, au passage, de le rendre à sa merci et de le manipuler à souhait. Au milieu de tout cela, tel un fantôme, il y a le père, Douglas. Une enfance compliquée a rendu cet homme l'ombre de lui-même, il laisse sa femme tout régenter et ferme les yeux sur un bon nombre de choses. J'ai tout de même apprécié qu'il se réveille à la fin du roman et se range du côté de sa fille. Il remplit enfin son rôle de père.

Une famille malade donc avec à sa tête, la plus malade d'entre tous: la mère. L'auteur décrit à la perfection tous les dysfonctionnements et les conséquences pour chacun: Violet se drogue, a une vision extrêmement altérée d'elle-même, William se pense comme le sauveur de sa mère alors qu'il n'est que sa marionnette... Des remises en question et des révélations sont nécessaires pour enfin connaitre la vérité sur la disparition de Rose. Personne, ou presque, n'en sortira indemne. Une réussite pour ce premier roman de l'auteur. J'ai pu y trouver tout ce qui m'intéressait et je ne suis pas déçue. Un roman brillant qui nous apprend que toutes les familles sont loin d'être saine et remet en question le rôle de la mère. Cela fait froid dans le dos.

 ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je tiens à remercier les éditions Belfond pour cette lecture et ce partenariat.   


Un mot sur l'auteur: Koren Zailckas est écrivaine et journaliste.  Elle a défrayé la chronique outre-Atlantique lors de la publication de ses mémoires, Smashed (2005) – référencé dans les meilleures ventes internationales et restés vingt semaines dans la liste du New York Times– et Fury (2010), dans lesquels elle mettait en scène son addiction de jeunesse à l'alcool, sa tendance à l'autodestruction et le long chemin entrepris pour en sortir.   Inspiré de son enfance auprès d'une mère atteinte de perversion narcissique, Notre mère (Mother, Mother, 2013) est son premier roman publié en France. 





vendredi 27 mars 2015

Si tu m'entends de Pascale Quiviger


Date de parution: Février 2015
Éditions: Albin Michel
Nombre de pages: 391 pages


Quatrième de couverture: Comment vivre après un accident, comment aimer, désirer, se reconstruire, accepter la lente métamorphose des émotions et du quotidien ? David, tombé du haut d'un échafaudage sur le chantier où il travaille à Montréal, est dans le coma. Sa femme et son fils de six ans essaient au fil des jours de communiquer avec lui, d'apprivoiser la douleur et l'absence, et d'apprendre à vivre autrement.Roman bouleversant et paradoxalement tonique, Si tu m'entends traite de façon magnifique et sans aucun pathos d'un des sujets les plus tabous de notre époque.Pascale Quiviger, née au Québec, sait allier à l'intelligence du cœur et à l'extrême justesse d'une vision sans œillères un talent littéraire indéniable.


Mon avis: L'auteur aborde un sujet complexe avec un style d'écriture très pur. Sa plume m'a charmée ainsi que sa construction du roman.

C'est un livre qui m'a de suite attiré par le thème qu'il traite: le deuil, la perte d'un être cher dans des conditions tragiques et violentes. 

David tombe dans le coma suite à une chute de six mètres de son échafaudage.  Un coma dont il ne ressortira jamais. Sa famille: Caroline et son fils de 6 ans, Bertrand vont devoir affronter cette dure situation.
Caroline se montre digne et courageuse tout au long du livre. Elle reste présente pour son fils dans les moments les plus difficiles.
Bertrand est quant à lui, un petit garçon très touchant. Du haut de ses 6 ans, il ne peut comprendre la gravité de la situation dans laquelle se trouve son père. Il conserve son optimisme et son entrain. Pendant de longs instants, il s'adresse à son père et lui murmure longuement à l'oreille. Il lui prend la main et attend que son père se réveille.
L'auteur se glisse dans la peau de David et certains passages nous permettent d'avoir accès à ses pensées et sensations:

" Bertrand le cœur sur la main
vient me cherche coûte que coûte
m'attire en surface.
Je veux bouger un doigt, un pied, mes yeux sous mes paupières, ma voix dans ma gorge, pour lui.
Bouger pour lui. Parler.
Rien.
Des traces de traces de traces
de l'évanouissement.
Ça me laisse épuisé, déçu."

Par ailleurs, l'auteur dépeint également l'univers hospitalier avec une équipe d'infirmiers impliquée dans son travail. Ils sont au plus proche de leurs patients alors que le neurologue est une personne totalement imbue d'elle-même et désagréable au possible.

Je pense sincèrement que c'est un livre qui ne peut pas laisser indifférent. Il aborde un thème difficile mais important car il touche bon nombre de personnes. Je suis entrée en empathie avec cette famille dévastée par la perte mais qui conserve les idées claires afin d'aider David le mieux possible. Quand la seule issue est la mort, il convient parfois de tenter d'abréger les souffrances. L'auteur est parvenu à montrer l’ambiguïté de la question: une mort qui ne porte pas son nom et surtout pas le terme d'euthanasie. Une ambivalence difficile pour le cercle médical également.

La fin du livre m'a cependant un peu déçue dans la façon dont l'épouse, Caroline, commence à faire son deuil et à accepter la disparition de son mari. Un peu trop banale à mon goût et qui n'apporte pas grand chose au livre.

En bref, l'auteur traite de façon pudique et en retenue d'un thème sensible. Une réussite malgré la fin un peu décevante...


♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je tiens à remercier les éditions Albin Michel pour cette lecture et ce partenariat.


Un mot sur l'auteur: Pascale Quiviger est une écrivaine et artiste québécoise.  Elle a une maîtrise en philosophie de l’Université de Montréal et de l’Université des Sciences humaines de Strasbourg, ainsi que d’un baccalauréat en arts plastiques de l’Université Concordia.  Elle réside actuellement en Grande-Bretagne, où elle enseigne la peinture et les arts visuels.



 


dimanche 8 mars 2015

La colline aux esclaves de Kathleen Grissom

Date de parution: Janvier 2015
Éditions: Charleston
Nombre de pages: 428 pages
Titre VO:  The Kitchen House

Quatrième de couverture:  États-Unis, 1791. Après avoir perdu ses parents lors de la traversée de l’Atlantique, Lavinia, une jeune Irlandaise âgée de 7 ans, se retrouve domestique dans une plantation de tabac pour rembourser son passage. Placée avec les esclaves de la cuisine, sous la protection de Belle, fille naturelle du maître, Lavinia apprend à faire le ménage et le service, guidée par l’amour et la force tranquille de sa nouvelle famille. Cependant, malgré tous ses efforts, elle ne peut faire abstraction de sa peau blanche et pénètre peu à peu dans l’univers de la grande maison. Lavinia parviendra-t-elle à chevaucher deux mondes que tout oppose ?


Mon avis: Lorsque j'ai vu la référence sur la couverture où l'auteur du livre La couleur des sentiments conseille cette lecture je me suis dit que la barre était mise assez haute. J'ai adoré la couleur des sentiments et avec La colline aux esclaves j'ai pu retrouver de ce que j'y avais apprécié.

La petite Lavinia est une orpheline de 6 ans qui débarque sur une plantation en Virginie. Elle a perdue la totalité de sa famille pendant la traversée sur le navire. Le capitaine l'a recueille en l'échange de quoi, elle devient sa propriété. Une sorte de domestique blanche qui est obligée de vivre parmi les esclaves noirs du capitaine. 

C'est une jeune enfant charmante, très vite et innocente de tout ce qui l'entoure. Elle ne comprend pas la différence qu'il peut y avoir entre elle et sa Mama Mae ou Belle qui prennent soin d'elle. Elle se fait très vite une place importante dans le cœur des esclaves, de sa famille comme elle le pense. Mais peu à peu, en grandissant elle est vite prise entre deux étaux: la famille du capitaine lui prévoit un avenir contrairement aux esclaves condamnés à travailler pour lui et son fils Marshall qui reprendra les rênes.
Lavinia apprécie ce jeune garçon. Un Blanc qui la traite avec respect sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi. Plus elle grandira et plus la différence de couleur de peau se fera ressentir jusqu'à créer son propre malheur. 

Ce livre est une magnifique fresque historique et familiale comme je les aime. Il se passe de nombreuses actions et il n'y a pas une minute où je me suis ennuyée. Des drames qui jalonnent la vie de la jeune Lavinia qui est si pure. Trop pure pour ce monde dans lequel elle ne comprend pas grand chose. Elle vit avec son cœur d'enfant ce qui est sa principale qualité. J'ai été bouleversée de voir le lien qui l'unit à sa famille. Celle de son cœur: les esclaves qui en retour la traite comme l'une des leurs. Ce livre est un magnifique témoignage du fait que la couleur de peau importe peu. L'auteur montre combien l'humanité prime sur le reste. 

"La couleur, le papa, la mama, on s'en fiche. On est une famille, on prend soin les uns des autres. La famille nous rend forts quand les temps sont durs. On se soutient tous, on s'aide tous. C'est ça, une famille."
 Il aborde également la question de la femme et de sa liberté dans un sens plus large. Bien sûr, il est question de la non liberté des esclaves mais les femmes à cette époque n'en avaient pas plus pour tenter de changer les choses. On ressent l'impuissance de Lavinia et son sentiment de frustration à ne pas pouvoir plus aider sa famille à vivre dans de meilleures conditions. 

Je suis passée par beaucoup d'émotions avec ce livre et plus d'une fois j'ai eu les larmes aux yeux. C'est une excellente parution des éditions Charleston que je recommande vivement.

 ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je tiens à remercier les éditions Charleston pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteur:  Kathleen Grissom est née et a grandi à Saskatchewan, une province de l'Ouest du Canada, située dans la région des prairies, entourée à l'ouest par l'Alberta, au nord par les Territoires du nord-ouest et à l'est par le Manitoba.  Elle est maintenant ancrée dans le south-side en Virginie. Elle et son mari vivent dans la plantation qu'ils ont rénovée.

samedi 28 février 2015

Le voile de Téhéran de Parinoush Saniee

Date de parution: Janvier 2015
Éditions: Robert Laffont
Nombre de pages: 560 pages

Quatrième de couverture: "Quand j'ai repris mes esprits, je me trouvais chez cet homme, dans la chambre à coucher. Debout dans un coin de la pièce, je serrais étroitement contre moi le tchador blanc dont on m'avait affublée avant de me conduire dans cette maison. J'essayais de ne faire aucun bruit, espérant qu'il ne remarquerait pas ma présence. Dans ce silence absolu, les larmes coulaient jusque sur ma poitrine. Mon Dieu, comment comprendre ces mœurs ? Un jour, ma famille voulait me tuer sous prétexte que j'avais échangé quelques mots avec un homme que je connaissais depuis deux ans, sur lequel je savais beaucoup de choses, que j'aimais et que j'étais prête à suivre au bout du monde, et le lendemain elle prétendait m'obliger à coucher dans le même lit qu'un étranger dont j'ignorais tout et qui ne m'inspirait que de la terreur. " Massoumeh, seize ans, n'a qu'un désir : poursuivre ses études. Un rêve accessible aux filles depuis que le shah a modernisé l'Iran. Mais quand ses frères découvrent qu'elle vit une histoire d'amour, très innocente, avec un voisin, ils la marient à un homme qu'elle ne connaît pas et n'a même jamais vu. D'abord désespérée, Massoumeh se rebelle et prend son existence en main.Ce roman d'une femme déterminée qui affronte son destin dans une société en plein bouleversement a connu le succès dans le monde entier.

Mon avis:  Une saga familiale qui m'a totalement envoûtée. Pendant trois jours ce livre m'a accompagnée du matin au soir. Dès que je sortais le nez de ce livre je n'avais qu'une hâte c'était de m'y replonger. Plus qu'un beau roman ce livre est une vraie pépite!

Dès le premier chapitre mon attention a été d'emblée captée par ce qu'il arrive à la jolie Massoum âgée de 16 ans à peine. Alors qu'elle n'échange que quelques regards innocents avec le jeune garçon qui travaille à la pharmacie, son frère découvre qu'il se trame quelque chose entre eux. Pour lui sa sœur a déshonorée la famille et doit payer pour cela. Elle est battue presque à mort. Toute sa famille lui tourne le dos même son père qui est pourtant le meilleur d'entre tous. Voici un passage qui m'a particulièrement marquée:

"Que Dieu me fasse la grâce de te voir à la morgue, sur la table d'autopsie. Quelle honte! Quel déshonneur! Qu'est-ce que je vais dire à ton père et à tes frères?"

Un livre qui est le témoignage brûlant de ce qu 'est la condition des femmes en Iran. Pas toutes, mais de beaucoup oui. Dans la famille de Massoum on tient aux traditions. La femme a donc un piètre avenir qui s'offre à elle. Quand ces jeunes filles sont mariées de force elles n'ont qu'à prier pour tomber sur un homme bon qui ne les battront pas. Autant oublier de suite l'école et le travail intellectuel. C'est ce qui qu'arrive à Massoum qui a pour seul rêve de pouvoir continuer à aller à l'école. Dès que la découverte de cet amour naissant est faîte, elle peut tout oublier.

"Les filles ne servent à rien. Elles appartiennent à d'autres."

Dès lors, nous suivons Massoum pendant une grande partie de sa vie qui sera jonchée d'obstacles et d’humiliations. Mais, cette femme possède un courage et une détermination incroyable. Son rêve de pouvoir étudier la poursuivra toute sa vie. 
Outre le fait que ce roman parle de la condition des femmes il traite aussi des conditions de vie en Iran qui est en pleine tourmente à cause de la guerre. J'ai appris de nombreuses choses sur ce pays et cette époque.
Je suis passée par toutes sortes d'émotions avec ce livre et c'est à regret que j'ai terminé cette lecture poignante et magnifique. Un livre qui me rappelle pourquoi j'aime lire. Je ne suis pas prête de l'oublier et le conseille vraiment. C'est un coup de cœur absolu.

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Je tiens à remercier les éditions Robert Laffont pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteur:  Parinoush Saniee, sociologue et psychologue, vit à Téhéran. Le Voile de Téhéran a été interdit de publication en Iran avant d’enthousiasmer lecteurs et lectrices partout dans le monde. En Italie, il a été couronné du prestigieux prix Boccaccio.

 



vendredi 20 février 2015

Respire de K.A. Tucker

Date de parution: Février 2015
Éditions:  Hugo&Cie
Nombre de pages: 359 pages
Titre VO: Ten Tiny Breaths


Quatrième de couverture:  À à peine 20 ans, la vie de Kacey bascule dans la tragédie : ses parents, sa meilleure amie et son copain meurent dans un accident de voiture. Elle est la seule survivante de la famille, avec sa sœur Livie qui n'était heureusement pas avec eux ce jour-là. Alors qu'elles sont confiées à la garde d'un oncle et d'une tante peu scrupuleux, Kacey décide de prendre sa vie et celle de sa sœur, en main. Ensemble elles vont tenter de se reconstruire à l'autre bout du pays, en Floride.


Mon avis: Un livre très émouvant et qui a su me toucher alors qu'au début ce n'était pas gagné.

Quand j'ai commencé ma lecture de ce livre je me suis dit que ça n'allait pas être possible. En effet, mis à part les toutes premières pages qui nous donnent une vision du drame qui s'est joué quelques années plus tôt, les suivantes sont très en dessous. Kacey est très difficile à cerner et à apprécier. Elle a un caractère que l'on peut qualifier au minimum de compliqué. Même si je sais que cela est dû à l'accident et la perte d'êtres chers elle ne m'a pas plu du tout. De plus, les clichés s'enchainent avec des scènes qui ne se produiraient jamais dans la vie. J'ai donc beaucoup soufflé pendant ces passages difficiles.

Et, puis, je ne sais pas. Il s'est passé quelque chose. L'auteur a su m'embarquer avec cette héroïne peu commune. Elle m'a touchée. Je suis tombée sous le charme de sa relation avec Trent. Un garçon aussi touchant qu'elle au final. 
Un livre qui traite d'un véritable drame mais où la romance tient une grande place. Il y a un savant mélange des deux qui fait que cette lecture devient vite addictive et les personnages attachants. 
Cependant, je regrette que sa sœur Livie ne soit pas plus représentée dans ce tome même si le suivant lui est consacré. C'est un personnage qui a beaucoup de potentiel et j'espère aimer cette suite.Le lien qui unit les deux sœurs est magnifique d'ailleurs.
L'entourage de Kacey est également plaisant avec une mention spéciale pour la gentille Storm et sa petite fille Mia, vraiment mignonne. Une belle amitié authentique.

Le rebondissement qui arrive tardivement dans le livre ne m'a pas étonné car j'avais été spoilé par un commentaire malheureusement. Je pense que sans cela je ne m'en serais jamais doutée. Très bien joué par l'auteur. La fin ne m'a pas déçue au contraire, c'est bien celle-ci que je souhaitais.

En bref, malgré un début difficile je ne suis pas passée loin du coup de cœur!

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Un mot sur l'auteur: K. A. Tucker est née dans une petite ville d'Ontario. Elle a publié son premier livre alors qu'elle n'avait que six ans, avec l'aide de la bibliothécaire de son école. C'est une lectrice assidue. Elle vit  dans la banlieue de Toronto avec son mari, ses deux filles et de nombreuses créatures à quatre pattes.

 

jeudi 19 février 2015

La fille sans nom de Angelika Klüssendorf

Date de parution: Janvier 2015
Éditions: Presses de la Cité
Nombre de pages: 208 pages


Quatrième de couverture: C'est l'histoire d'une fille livrée à la fureur destructrice d'une mère infantile et sadique. La fille se défend comme elle peut contre cette femme instable, mais aussi contre le monde extérieur : les adultes qui la jugent, ses camarades de classe qui l'évitent. Elle tourmente son petit frère, vole dans les magasins, partout elle se distingue par son comportement asocial. Jamais elle ne demande d'aide. A qui, d'ailleurs, pourrait-elle s'adresser ? Elle est seule et doit se construire seule. C'est la trajectoire bouleversante d'une fille mal aimée qui, malgré tout, possède une force et un appétit de vivre qui lui permettent d'avancer.


Mon avis: L'auteur, à travers ce roman, nous livre une histoire dure et racontée de façon assez froide. Une certaine distance qu'a choisi d'instaurer l'auteur dès le début du livre. Cela m'a perturbé un peu. 

Cette fille sans nom, est une enfant qui joue de malchance dans la vie. Elle est livrée à elle-même avec son petit frère pour compagnon d'infortune. Elle fait ce qu'elle peut pour survivre dans ce sombre monde. Aucune joie ne vient égayer sa vie. Cela m'a beaucoup touché. Je me suis demandée comment elle faisait pour continuer à vivre comme ça ?
En effet, la mère, comme elle est appelée dans le roman, est une femme horrible. La plupart du temps, elle ne s'occupe pas de ses enfants et lorsqu'elle pense à eux, elle les bat ou les enferme à la cave. Elle a un côté sadique très prononcé et m'est apparue comme un monstre. Ce qui l'intéresse en réalité est d'enchainer les conquêtes, de boire et dormir.  Les enfants ne mangent presque rien ce qui leur vaut bon nombre de moqueries de la part des autres enfants. Tout est difficile dans cet environnement. Pour arriver à se nourrir, la petite va donc voler ce qui lui vaut des ennuis avec la police plusieurs fois. 
L'auteur est parfaitement parvenue à faire ressortir l'ambiance qui régnait en RDA à cette époque de l'histoire. 
Un roman froid, très noir, il faut s'y attendre en le lisant. Pour ma part, je savais tout à fait de quoi il en retournait et ce qui m'intéressait était de faire la rencontre de cette jeune fille sans nom qui vit dans un monde emplit de difficultés. Cependant, je ne pensais pas que l'auteur adopterait un ton si neutre. J'ai vraiment eu la sensation qu'elle relatait des faits plus qu'autre chose. Elle ne cherche pas à enrober les choses mais les raconte comme elles se passent. 
La fille sans nom a su me toucher car même si le style d'écriture est particulier, il est compliqué, je pense, de rester sans empathie pour elle. Par moments, j'ai même eu envie de la secouer et de lui dire d'arrêter ses bêtises, notamment les vols. J'ai espéré une belle fin pour elle, tout le long du livre. 

En bref, un style d'écriture particulier mais cela fonctionne tout de même car La fille sans nom est émouvante.


♥ ♥ ♥ ♥ ♥
Je tiens à remercier les éditions Presses de la Cité pour cette lecture et ce partenariat.

Un mot sur l'auteur:  Angelika Klüssendorf a grandi à Leipzig, en RDA, dans les années 1960 et a pu finalement rejoindre l'Allemagne de l'Ouest en 1985.   Elle vit aujourd'hui à Berlin et consacre son temps à l'écriture.   "La Fille sans nom" a reçu le prestigieux prix littéraire Hermann Hesse en 2014.